mercredi 5 août 2015

L'Eglise militante, souffrante et triomphante sont Une

Il est fréquent d'avoir des visions très imaginatives de l'Eglise souffrante et de l'Eglise triomphante, on imagine une charmante rôtisserie déconnectée de notre monde pour l'une et une autre planète radieuse où l’on se dore la pilule bien loin pour l'autre.

D’une part avant la résurrection finale aucune de ces deux ne sont des lieux à proprement parler, d’autre part l’Eglise militante a des relations extrêmement  intimes avec les deux autres.

Les conséquences du mal effectué par ceux qui nous ont précédés est tangible en nous comme autours de nous. Le combat de l’Eglise militante contre cet héritage de mort est ce par quoi elle participe au salut des âmes du purgatoire. Ainsi ils souffrent de nos peines et celles-ci portent leur salut.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus disait qu’elle « passerait du Ciel à faire du Bien sur la terre », mais par-là elle révélait la réalité de toute l’Eglise triomphante qui passe son Ciel à nous engendrer à la vie divine. L’Esprit Saint, se donne à nous à travers l’Esprit des Saints. Nous avons une généalogie spirituelle où notre enfantement à la vie divine passe par l’action agissante des saints (petits et grands) qui nous ont précédés. « Si le grain de blé ne meurt pas il reste seul… » L’expérience de cette paternité et maternité spirituelle qu’exerce sur nous les saints est bien perceptible dans notre vie spirituelle même si nous en sommes parfois inconscients.


Ainsi en l’Eglise Militante le salut des âmes souffrantes et la fécondité des saints qui nous ont précédés se réalisent. Il n’y a pas d’ailleurs lointain : nos « morts » sont vivants et présents, plus intimement que tout ce que l’on pourrait se figurer d’une présence purement intellective qui ne serait qu’un souvenir…

L'abus du tiers exclu : un tiers inclu la plupart du temps

Il n'existe pas de T tel que A et Non-A soit vérifié par T.
Tel est le principe de non contradiction dans l’énoncé du tiers exclu.

Il existe un abus que je ne dirais même pas courant tellement il est omniprésent,
il s'agit de la pensée dualiste qui effectue de fausses contradictions entre termes  non réellement opposés mais valides selon des ordres différents.

Pour prendre un exemple, tout se passe comme si devant un cylindre duquel  certains n'auraient qu'une vue latérale et d’autres une vue verticale, une polémique s'engageait de manière irréductible entre partisans du "c'est un rond" et partisans du "c'est un rectangle" sans même remettre en cause leur observation parcellaire qui n’y voit pas le cylindre…

Il est de beaucoup des oppositions et pseudo-contradictions qui ne voient pas que la déficience est dans une projection imparfaite de la réalité qui lui fait perdre le tiers inclus qui unifie la réalité derrière l’apparence du paradoxe.

Le dualisme est une atrocité intellectuelle sans parler de la scène politique où cela frise le ridicule, tous les domaines sont touchés.

Si derrière les apparences de l’opposition nous cherchions la troisième dimension unificatrice ?

Le mal n'existe pas : petite méditation sur les conséquences de la Q48 de la somme théologique

S.T, I, q 48 a 1 :

Dans une opposition, un terme est connu par l'autre, comme les ténèbres par la lumière. Pour savoir ce que c'est que le mal, il faut donc utiliser la notion de bien. Or, nous avons établi plus haute que le bien est tout ce qui est désirable. Ainsi, du fait que toute nature désire son être et sa perfection, il résulte que l'être et la perfection de toute nature a raison de bien. Il est donc impossible que le mal signifie un certain être, ou une certaine nature de forme. Le terme de mal désigne donc une certaine absence de bien. Voilà pourquoi l'on dit du mal qu'il n'est « ni un existant, ni un bien »; car l'être, comme tel, étant un bien, on ne peut nier l'un sans l'autre.

Le mal n'existe pas métaphysiquement.

Le mal est du non-être et n'est que le désordre de l'être.

La force du mal est la part de bien sur laquelle il s'accroche en le ruinant.

La force du mal est dans l'ignorance du bien qui permet au mal de s'approprier des parts de bien oubliées pour en fabriquer des erreurs.

La véritable destruction du mal est dans la réintégration dans leur ordre des parts de bien usurpées et désordonnées qui formaient son ossature.

Sans cette réintégration le mal persiste et le bien reste incomplet.

La fascination du mal n'est que celle de la part de bien qui lui reste.

Il existe un complexe entre l'oubli d'une vérité et la naissance d'une erreur autonome qui annexe et déforme cette vérité perdue.

Tout est vrai dans son ordre : Le mal est fait de biens désordonnés et c'est ce désordre qui est mauvais non les biens défigurés.

Néanmoins le mal se développe en rejetant ce bien caché et défiguré qui pourtant fait sa force.

C'est sa faiblesse. Le mauvais est insatiable et la part de bien qui fait sa force est pour lui détestable.

Ainsi à mesure que le mal grandit il devient faible.

Le mal devient plus fragile et n'est pas stable en grandissant, surtout lorsqu'il devient hégémonique.

On peut donc dire que le mal tend à s'auto-détruire.

La victoire complète du mal aboutit à sa propre destruction dans le néant.

Le mal est donc une réalité finie, le règne de l'antéchrist aboutit à sa ruine.
La victoire du Christ est dans la réintégration de tout bien dans l'unité et par là l'anéantissement du mal.