Il est fréquent d'avoir des visions très imaginatives de
l'Eglise souffrante et de l'Eglise triomphante, on imagine une charmante rôtisserie
déconnectée de notre monde pour l'une et une autre planète radieuse où l’on se
dore la pilule bien loin pour l'autre.
D’une part avant la résurrection finale aucune de ces deux
ne sont des lieux à proprement parler, d’autre part l’Eglise militante a des
relations extrêmement intimes avec les
deux autres.
Les conséquences du mal effectué par ceux qui nous ont
précédés est tangible en nous comme autours de nous. Le combat de l’Eglise militante
contre cet héritage de mort est ce par quoi elle participe au salut des âmes du
purgatoire. Ainsi ils souffrent de nos peines et celles-ci portent leur salut.
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus disait qu’elle « passerait
du Ciel à faire du Bien sur la terre », mais par-là elle révélait la
réalité de toute l’Eglise triomphante qui passe son Ciel à nous engendrer à la vie
divine. L’Esprit Saint, se donne à nous à travers l’Esprit des Saints. Nous
avons une généalogie spirituelle où notre enfantement à la vie divine passe par
l’action agissante des saints (petits et grands) qui nous ont précédés. « Si
le grain de blé ne meurt pas il reste seul… » L’expérience de cette
paternité et maternité spirituelle qu’exerce sur nous les saints est bien
perceptible dans notre vie spirituelle même si nous en sommes parfois inconscients.
Ainsi en l’Eglise Militante le salut des âmes souffrantes et
la fécondité des saints qui nous ont précédés se réalisent. Il n’y a pas d’ailleurs
lointain : nos « morts » sont vivants et présents, plus
intimement que tout ce que l’on pourrait se figurer d’une présence purement
intellective qui ne serait qu’un souvenir…