mercredi 5 août 2015

Le mal n'existe pas : petite méditation sur les conséquences de la Q48 de la somme théologique

S.T, I, q 48 a 1 :

Dans une opposition, un terme est connu par l'autre, comme les ténèbres par la lumière. Pour savoir ce que c'est que le mal, il faut donc utiliser la notion de bien. Or, nous avons établi plus haute que le bien est tout ce qui est désirable. Ainsi, du fait que toute nature désire son être et sa perfection, il résulte que l'être et la perfection de toute nature a raison de bien. Il est donc impossible que le mal signifie un certain être, ou une certaine nature de forme. Le terme de mal désigne donc une certaine absence de bien. Voilà pourquoi l'on dit du mal qu'il n'est « ni un existant, ni un bien »; car l'être, comme tel, étant un bien, on ne peut nier l'un sans l'autre.

Le mal n'existe pas métaphysiquement.

Le mal est du non-être et n'est que le désordre de l'être.

La force du mal est la part de bien sur laquelle il s'accroche en le ruinant.

La force du mal est dans l'ignorance du bien qui permet au mal de s'approprier des parts de bien oubliées pour en fabriquer des erreurs.

La véritable destruction du mal est dans la réintégration dans leur ordre des parts de bien usurpées et désordonnées qui formaient son ossature.

Sans cette réintégration le mal persiste et le bien reste incomplet.

La fascination du mal n'est que celle de la part de bien qui lui reste.

Il existe un complexe entre l'oubli d'une vérité et la naissance d'une erreur autonome qui annexe et déforme cette vérité perdue.

Tout est vrai dans son ordre : Le mal est fait de biens désordonnés et c'est ce désordre qui est mauvais non les biens défigurés.

Néanmoins le mal se développe en rejetant ce bien caché et défiguré qui pourtant fait sa force.

C'est sa faiblesse. Le mauvais est insatiable et la part de bien qui fait sa force est pour lui détestable.

Ainsi à mesure que le mal grandit il devient faible.

Le mal devient plus fragile et n'est pas stable en grandissant, surtout lorsqu'il devient hégémonique.

On peut donc dire que le mal tend à s'auto-détruire.

La victoire complète du mal aboutit à sa propre destruction dans le néant.

Le mal est donc une réalité finie, le règne de l'antéchrist aboutit à sa ruine.
La victoire du Christ est dans la réintégration de tout bien dans l'unité et par là l'anéantissement du mal.

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